Niger : 535 entreprises nationales répertoriées pour l’opérationnalisation du contenu local dans le secteur pétrolier
L’atelier tenu le 21 juillet 2026, portant sur la mise en relation et l’opérationnalisation du contenu local dans le secteur pétrolier, a permis de réaffirmer la place structurante de cette industrie dans l’économie nationale du Niger. Selon les données présentées par le Secrétaire Général du Ministère du Pétrole, M. Abdoul Karim Mohamed Ali, le secteur enregistre à ce jour 7 000 milliards de FCFA d’investissements cumulés, pour un chiffre d’affaires annuel estimé à 2 000 milliards de FCFA et des commandes annuelles en biens, travaux et services de l’ordre de 700 milliards de FCFA.
Dans une perspective de maximisation des retombées nationales, une enveloppe de près de 170 milliards de FCFA de marchés a été réservée aux entreprises nigériennes sur la période allant de 2026 à mars 2027. Cette mesure vise explicitement à stimuler la croissance endogène par l’intégration accrue des opérateurs locaux dans la chaîne de valeur pétrolière.
En amont, un processus systématique d’enregistrement des entreprises nationales a été initié en décembre 2025. Il a abouti au recensement de 535 entreprises, réparties dans 16 secteurs stratégiques de la filière pétrolière. Ce travail de cartographie constitue une base de données essentielle pour l’identification et la mobilisation des capacités productives nationales.
Sur le plan institutionnel, l’ordonnance du 16 juillet 2026 marque une étape décisive. Elle dote le pays d’un cadre juridique robuste et d’instruments opérationnels visant à garantir l’effectivité du contenu local. Ces instruments comprennent un répertoire officiel des entreprises, une plateforme numérique de mise en relation, un fonds d’appui dédié, ainsi que des mécanismes de suivi et d’évaluation destinés à assurer la transparence et l’efficacité du dispositif.
Le champ des opportunités identifiées est particulièrement étendu. Il couvre l’ensemble des maillons de la chaîne de valeur, allant des activités de forage à la construction et à la maintenance des infrastructures énergétiques et des pipelines, en passant par le transport, la sécurité, les services financiers, l’ingénierie, les télécommunications, la restauration et les prestations environnementales.
Toutefois, l’accès à ces marchés demeure subordonné au respect de critères d’éligibilité exigeants. Sont notamment requis : des compétences techniques avérées, une gouvernance d’entreprise rigoureuse, une capacité financière suffisante et la conformité aux normes internationales en matière de qualité, d’hygiène, de sécurité et d’environnement (QHSE).
En définitive, cet atelier a joué un rôle de catalyseur en favorisant le dialogue direct entre opérateurs pétroliers, entreprises nationales, institutions bancaires et compagnies d’assurances, avec pour ambition de convertir les potentialités du secteur en contrats opérationnels au bénéfice du tissu économique national.
Alamadji Guibarou
