Mali / 5e édition du FACEJ Sugu : 1453 entreprises financées et 2174 jeunes formés à l’entreprenariat
Du 23 au 26 septembre, le Palais de la Culture Amadou Hampâté Bâ s’est transformé en vitrine de l’entrepreneuriat jeune au Mali. Environ 150 exposants accompagnés par le programme y ont présenté leurs produits et services dans des secteurs allant de l’agroalimentaire aux cosmétiques, en passant par la mode, l’artisanat, les services numériques et les solutions écologiques.
En plus de l’exposition, l’enjeu économique a consisté surtout à permettre à ces jeunes entreprises de trouver des débouchés, de nouer des partenariats et de consolider leur accès au financement.
Les chiffres communiqués par la coordination du FACEJ ont donné une idée de l’état d’avancement du dispositif. Au 15 septembre 2026, 1 453 entreprises avaient été financées pour près de 3 milliards de francs CFA, soit environ 97 % de la cible de 1 500 entreprises fixée pour la deuxième phase. Cette somme correspond aux financements déjà accordés et non à l’enveloppe globale de 17 milliards de francs CFA annoncée pour la période 2024-2027. Le programme indique aussi avoir formé 2 174 jeunes à l’entrepreneuriat et à la gestion, tandis que 1 536 plans d’affaires ont été validés par les comités de sélection. Plus de 822 millions de francs CFA ont par ailleurs été rétrocédés à 351 jeunes ayant correctement remboursé leurs crédits. Parmi ces bénéficiaires, 42 % sont des femmes.
La responsable du programme a insisté sur ce choix, estimant que l’avenir économique du Mali « ne peut se construire sans toutes ses forces vives, en particulier les jeunes femmes ».
Le dispositif entend également renforcer les activités liées à la transition écologique. Au 15 septembre, 267 jeunes porteurs de projets verts ou de verdissement avaient bénéficié de financements à hauteur de 1,3 milliard de francs CFA. Le programme a aussi formé 80 jeunes à l’innovation agricole et 21 aux installations solaires, tandis que 52 autres ont été accompagnés dans la conception de solutions vertes. Les montants consacrés aux entreprises féminines et aux projets verts ne s’additionnent pas nécessairement, une entreprise portée par une femme pouvant également relever de l’économie verte.
Cette orientation se traduit dans la foire par la « Green Tech City », un espace réservé aux innovations environnementales.
Pour la ministre de l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Oumou Sall Seck, l’objectif est de faire émerger un entrepreneuriat « productif, innovant, responsable et créateur de valeur ».
Elle a également plaidé pour le passage « d’une logique de simple activité économique à une véritable dynamique de chaîne de valeur », associant producteurs, transformateurs, prestataires, financiers, distributeurs et consommateurs.
Transformer les contacts en marchés
C’est sur cette transformation que repose l’intérêt économique de la cinquième édition du FACEJ Sugu. La ministre a invité les exposants à profiter des quatre journées pour rechercher des clients, des partenaires et de nouveaux marchés.
« Le véritable succès d’une telle initiative ne se mesure pas uniquement au nombre de visiteurs ou de stands. Il se mesure à ce qui restera après la foire : les relations créées, les marchés conclus, les entreprises renforcées, les investissements mobilisés et les emplois générés », a-t-elle déclaré.
Les rencontres entre entreprises, les échanges avec les institutions financières, les chambres consulaires et les structures d’accompagnement doivent aider les exposants à transformer les contacts établis pendant la foire en contrats, financements et débouchés. Le représentant du Danemark a rappelé que le partenariat vise à permettre aux jeunes « de créer leurs activités, de développer leurs entreprises et de construire leur avenir ici au Mali ».
La dimension territoriale a occupé également une place importante. Les entreprises présentes sont venues notamment de Bamako, Kita, Sikasso, Ségou, Bougouni, Koutiala, Mopti, Tombouctou, San et Djenné.
Une fois les stands démontés, l’essentiel se jouera dans la capacité de ces entreprises à conserver les contacts noués, à décrocher des marchés, à accéder durablement au crédit et à créer des emplois.
Sercom
