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Côte d’Ivoire : Quand un professionnel de la finance rapproche la comptabilité aux très petites entreprises

En Côte d’Ivoire, l’accès aux outils de gestion et à l’accompagnement comptable reste un enjeu important pour les Très petites entreprises (Tpe). Face à cette réalité, la professionnelle de la comptabilité, Estelle Gnadou, défend une approche fondée sur la proximité, avec son programme « Nian Dan » qui met en relation les entrepreneurs et des comptables présents dans leur zone.

La comptabilité peut-elle être accessible à toutes les entreprises, y compris celles qui démarrent avec de très faibles moyens ?

La question prend une importance particulière dans un pays où les micros, les petites et les moyennes entreprises occupent une place majeure dans le tissu entrepreneurial. À l’occasion de la Journée mondiale des Mpme en juin 2026, le gouvernement ivoirien rappelait d’ailleurs que les Pme représentent 98 % du tissu entrepreneurial national.

Pour Estelle Gnadou, professionnelle de la finance et de la comptabilité, l’un des enjeux consiste désormais à rapprocher les services comptables des réalités quotidiennes des plus petites activités.

C’est dans cette perspective qu’elle développe « Nian Dan », un programme destiné aux Très petites entreprises. Le principe est de mettre ces entrepreneurs en relation avec des comptables intervenant dans leur zone de localisation. L’objectif est de favoriser un accompagnement de proximité et de permettre aux petits acteurs économiques de mieux suivre leurs recettes, leurs dépenses, leur trésorerie et, plus largement, la situation financière de leur activité.

« La comptabilité ne devrait pas être perçue uniquement comme une obligation réservée aux entreprises déjà structurées. Elle peut aussi être un outil qui aide le petit entrepreneur à comprendre son activité et à prendre de meilleures décisions », explique Estelle Gnadou.

Dans cette approche, le comptable ne se limite donc plus à intervenir lorsque les documents doivent être établis. Il peut progressivement devenir un interlocuteur régulier de l’entrepreneur.

Le dispositif repose également sur la constitution d’un réseau de professionnels capables d’intervenir de manière indépendante.

Les comptables qui intègrent cette démarche sont notamment formés à travers l’École du Freelance, qui leur permet de développer des compétences nécessaires à l’exercice de leur activité dans un environnement indépendant.

Cette dimension répond à un double enjeu : rendre l’accompagnement comptable plus accessible aux Très petites entreprises, tout en créant de nouvelles possibilités d’activité pour les professionnels de la comptabilité.

Pour Estelle Gnadou, cette évolution correspond à une transformation progressive du métier.

« Il faut également permettre aux comptables de sortir d’un modèle où ils attendent simplement les pièces comptables du client. Le professionnel peut être davantage présent auprès de l’entrepreneur et comprendre concrètement comment son activité fonctionne », estime-t-elle.

Au-delà de la tenue des comptes, l’ambition est de contribuer à une meilleure structuration des très petites activités.

Un entrepreneur qui connaît régulièrement son niveau de recettes, ses charges, sa trésorerie et ses résultats dispose de davantage d’informations pour piloter son activité. Ces données peuvent également contribuer, lorsque l’entreprise souhaite grandir, à mieux préparer ses démarches auprès de partenaires financiers.

La question de l’accès au financement reste en effet l’un des défis du développement des Pme ivoiriennes. Plusieurs initiatives publiques et privées cherchent aujourd’hui à renforcer l’accompagnement des entreprises sur ce terrain.

Pour Estelle Gnadou, la première étape peut cependant commencer beaucoup plus simplement : permettre à l’entrepreneur de connaître précisément la situation de son propre business.

« Nian Dan » s’appuie sur une organisation par zones, avec l’objectif de rapprocher les professionnels des entrepreneurs qu’ils accompagnent. Cette logique de proximité pourrait notamment répondre aux réalités des commerçants, artisans, prestataires de services et autres acteurs qui exercent une activité de petite taille et pour lesquels le recours aux services comptables traditionnels peut sembler éloigné de leur quotidien.

La démarche d’Estelle Gnadou repose ainsi sur une conviction : la démocratisation de la comptabilité passe aussi par la proximité. Plutôt que de demander au petit entrepreneur de s’adapter à un modèle comptable parfois perçu comme complexe, il s’agit de réfléchir à des formes d’accompagnement qui partent de son environnement, de son niveau d’activité et de ses besoins.

Avec « Nian Dan », cette professionnelle ivoirienne entend ainsi expérimenter un modèle dans lequel la comptabilité devient progressivement un outil du quotidien pour les Très petites entreprises, et non simplement une formalité administrative.

L’enjeu reste désormais de savoir jusqu’où un tel modèle de proximité pourra être déployé et comment il pourra accompagner, dans la durée, la structuration du très petit entrepreneuriat ivoirien.

Sercom

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