Tech africaine : La start-up ivoirienne ANKA devient propriété de l’américain Global Shop
C’est une page majeure de la tech africaine qui se tourne : ANKA, la plateforme panafricaine fondée en 2016 pour démocratiser l’accès au commerce international pour les créateurs africains, a annoncé le 21 octobre dernier, son acquisition par Global Shop Group, acteur stratégique du retail multimarques. La transaction, dont le montant n’a pas encore été révélé, marque une nouvelle page pour cette entreprise qui s’est fait, en moins de dix ans, un nom dans l’écosystème de l’économie créative et numérique sur le continent.
Dans un message personnel empreint d’émotion sur ses réseaux sociaux, le co-fondateur et CEO sortant Moulaye Tabouré revient sur » 3 918 jours » d’engagement sans relâche, soulignant que plus de la moitié des vendeurs de la plateforme ont réalisé leur première vente internationale via ANKA. Parmi les réussites emblématiques, celle de Keerah’s Fashion Cave, citée par la BBC cet été, qui a exporté pour plus d’un demi-million de dollars de robes de bal nigérianes vers les États-Unis en quelques mois, grâce à ANKA.
Derrière cette cession, un parcours entrepreneurial remarquable : lancé sous le nom d’Afrikrea par Moulaye Tabouré, Abdoul Kadry Diallo et Luc Perussault-Diallo, ANKA a progressivement évolué d’une simple marketplace vers une infrastructure complète mêlant solutions de paiement, logistique et e-commerce, au service des marques africaines et de la diaspora. À son actif, plus de 60 millions de dollars de volume de transactions, des ventes réalisées dans plus de 170 pays, et un impact tangible sur le terrain avec plus de 10 000 emplois générés dans 46 pays africains.
Global Shop, qui reprend les actifs principaux de la startup, entend bâtir sur cet héritage pour accélérer le développement d’un écosystème de marques mondiales. La firme américaine fondée et dirigée par Matilda Ceesay, une experte du secteur ayant fait ses armes chez Nike, Ralph Lauren et BCG. Elle s’est engagée à préserver l’équipe, la culture et l’autonomie opérationnelle d’ANKA, dans une logique de continuité et d’expansion.
Si les cofondateurs se retirent, l’ambition demeure intacte : propulser les produits et les talents africains sur la scène mondiale, en s’appuyant sur une technologie pensée pour l’inclusion, la scalabilité et la création de valeur à long terme.
Référence sur le continent, ANKA avait réunion à lever des fonds auprès d’investisseurs de renom pour accélérer son développement, dont l’IFC, Proparco ou encore la banque publique d’investissement française BPI.
Sercom
