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Maroc : L’écosystème Fintech encore à la traîne malgré un système bancaire de qualité

Doté d’un système bancaire des plus solides du continent, le Maroc peine encore à faire émerger un véritable écosystème fintech. Malgré quelques initiatives et une volonté affichée du régulateur, l’innovation financière demeure marquée par l’inadéquation entre l’offre et les besoins réels de la population.

Depuis plus d’une décennie, la fintech s’impose comme l’un des moteurs les plus puissants de transformation des systèmes financiers, en particulier dans les économies émergentes. « La fintech prospère lorsqu’elle répond à un besoin concret, immédiat, ancré dans le quotidien des usagers », rappelle un spécialiste.

L’exemple le plus marquant est celui de M-Pesa. Lancée à la fin des années 2000 au Kenya, cette solution de paiement mobile a profondément bouleversé l’accès aux services financiers, en permettant à des millions d’utilisateurs, souvent exclus du système bancaire classique, de transférer de l’argent, de payer, d’épargner à partir d’un simple téléphone. Présente aujourd’hui dans plusieurs pays africains, la plateforme revendique plus de cinquante millions d’utilisateurs actifs. En Asie, le paiement numérique fait partie des gestions du quotidien

Dans les grandes métropoles chinoises, le cash a quasiment disparu au profit du QR code, utilisé pour les transactions les plus simples comme pour les services les plus complexes. La vitesse à laquelle évolue les moyens de paiement contraste nettement avec l’évolution des usages au Maroc

Malgré une projection assumée vers l’avenir Coupe du monde 2030, grands chantiers d’infrastructures, modernisation des services, le Royaume peine encore à amorcer une véritable transition vers une société moins dépendante de l’argent liquide. À fin novembre 2025, la circulation fiduciaire atteignait 484 milliards de dirhams, en hausse annuelle de 13,1% selon les statistiques de Bank Al-Maghrib.

Pourtant, selon le rapport Startup Country Guidelines 2024, le pays compte une quarantaine de fintechs actives, principalement positionnées sur les paiements et les transferts de fonds. Avec une infrastructure bancaire jugée robuste, un taux de pénétration d’internet avoisinant les 93%, et un marché potentiel des transactions mobiles estimé à plusieurs dizaines de milliards de dollars, les signaux paraissent encourageants. Mais derrière ces indicateurs, la réalité apparaît plus contrastée. Plus de la moitié de la population demeure non bancarisée, et l’usage du cash reste dominant dans la majorité des transactions quotidiennes.

Cette situation nourrit une interrogation récurrente chez les observateurs du secteur. Comment un pays, souvent présenté comme une place bancaire de référence en Afrique, n’a-t-il pas encore fait émerger de véritables champions de la fintech capables de s’exporter ? Hormis l’inadéquation entre l’offre fintech et les besoins réels de la population, un tas de projets s’emploient encore à transposer des modèles venus d’Asie ou d’autres marchés africains, sans toujours les adapter aux contraintes locales. Un autre enjeu, souvent relégué au second plan, concerne le monde rural.

Sercom

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