Maroc : Forte hausse de la création d’entreprise en 2025 selon une enquête ministérielle
L’année 2025 a marqué une accélération notable de la création d’entreprises au Maroc. Selon les données communiquées par le ministère de l’Inclusion économique, 72 343 entreprises ont été créées durant les huit premiers mois de l’année, soit une hausse de 17,5 % par rapport à la même période de 2024.
Cette tendance s’est confirmée au fil des mois. Les statistiques de l’OMPIC, font état de plus de 92 000 nouvelles entreprises enregistrées à fin octobre 2025, traduisant une dynamique entrepreneuriale soutenue à l’échelle nationale.
Pour Anouar El Basrhiri, cette évolution n’est pas anodine. «Cette dynamique récente de création d’entreprises traduit avant tout une vitalité entrepreneuriale réelle, portée par plusieurs facteurs convergents comme la simplification progressive des démarches administratives, l’amélioration de l’accès à l’information et la montée en puissance d’une culture entrepreneuriale, notamment chez les jeunes », observe-t-il.
Il souligne également, que cette progression reflète « une volonté accrue de formaliser des activités auparavant exercées de manière informelle », un point central pour la structuration de l’économie.
Derrière la dynamique globale, la structure des créations appelle toutefois à la prudence. Les données sectorielles montrent une forte concentration dans le commerce, les services et certaines activités à faible intensité capitalistique, des secteurs traditionnellement plus sensibles aux cycles économiques.
Dans ce contexte, Anouar El Basrhiri nuance la portée structurelle du phénomène : «Il serait prématuré d’y voir un basculement structurel pleinement abouti. Une part importante de ces créations reste concentrée dans des activités de services à faible valeur ajoutée et fortement dépendantes de la conjoncture », estime-t-il.
Si le nombre de créations constitue un indicateur encourageant, il ne suffit pas à mesurer l’impact réel sur la croissance et la productivité. « L’évaluation de la qualité des nouvelles entreprises passe avant tout par leur capacité à durer dans le temps », insiste le DG de TMS Consulting.
Le taux de survie à trois ou cinq ans, la stabilité du modèle économique et la capacité à générer un chiffre d’affaires récurrent constituent, selon lui, des critères déterminants.
Accès au financement, accompagnement stratégique, structuration organisationnelle et accès au marché constituent autant de facteurs critiques souvent insuffisamment adressés. « Pour moi, la priorité réside dans l’accompagnement post-création des entreprises. Si les dispositifs d’incitation à la création sont aujourd’hui relativement développés, l’enjeu majeur se situe dans les premières années de vie des entreprises, où les besoins en financement, en conseil, en structuration organisationnelle et en accès au marché sont les plus critiques. Renforcer les mécanismes d’accompagnement et d’ingénierie entrepreneuriale est essentiel pour consolider cette dynamique », précise-t-il.
Sercom
