Gabon : en moins d’un an d’activité la BCEG bancarise des milliers d’acteurs informels
En moins d’un an d’activité, la Banque pour le Commerce et l’Entrepreneuriat du Gabon (BCEG) s’impose comme un acteur de transformation silencieuse, mais majeure de la construction de la première base de données structurée sur les PME gabonaises. Avec plus de 3138 comptes ouverts et 175 entreprises financées, l’établissement accumule des informations pertinentes sur la réalité économique du pays, couvrant les secteurs, les flux, les besoins de financement et les comportements financiers de milliers d’opérateurs.
Cette dynamique s’accompagne d’un phénomène encore plus profond que l’État gabonais a longtemps prôné : la formalisation progressive de l’informel, l’un des défis les plus structurants de l’économie. En ouvrant un compte, chaque petit entrepreneur, commerçant, artisan ou prestataire traditionnellement hors radar entre pour la première fois dans le système bancaire. Il génère des données, des traces financières, un historique de transactions, autant d’éléments qui le rendent visible, mesurable et donc finançable.
usqu’ici, les administrations et les banques n’avaient qu’une vision fragmentée du tissu entrepreneurial réel. La BCEG change la donne. En collectant des données vivantes, issues de l’activité quotidienne, elle devient un outil de cartographie économique capable d’identifier la taille réelle de l’informel, ses secteurs dominants, ses cycles de revenus et son potentiel de croissance. Les financements octroyés, 7,7 milliards de FCFA en dix mois, concentrés dans les services (33%), le BTP (28%) et le transport/transit (14%), alimentent également cette base de connaissance, révélant la capacité d’endettement et la dynamique d’investissement des petits entrepreneurs.
Ce mouvement ouvre la voie à de nouvelles perspectives : un meilleur scoring du risque, des produits financiers adaptés aux réalités de terrain, et des politiques publiques largement mieux informées sur les besoins du secteur entrepreneurial. Pour la BCEG, cette montée en puissance discrète devient un atout stratégique majeur. En transformant des milliers d’acteurs informels en acteurs bancarisés, la BCEG réécrit la cartographie entrepreneuriale du pays, formalise une grande partie du tissu productif et pose les bases d’un accompagnement plus efficace, plus juste et plus structuré des PME gabonaises.
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