Cameroun /Entreprise : L’état fixe désormais des commissions pour l’octroi de sa garantie sur les emprunts bancaires
Pour la cinquième année d’affilée, l’État camerounais a décidé d’apporter sa garantie sur les emprunts bancaires des entreprises locales (publiques comme privées) à hauteur de 200 milliards FCFA. La loi de finances 2026 précise toutefois que les entreprises souhaitant bénéficier de cette garantie souveraine doivent s’acquitter d’une commission, soit 0,5% pour les entités publiques et 0,75% pour le secteur privé. « Le paiement intégral au Trésor public de la commission ci-dessus constitue une conditionnalité pour tout décaissement de fonds
Jusqu’ici quasi gratuite, la garantie souveraine est désormais traitée comme un instrument financier exposant le Trésor à un risque réel, que l’État entend monétiser. En exigeant le paiement préalable d’une commission les autorités cherchent surtout à responsabiliser les bénéficiaires, à limiter les demandes opportunistes et à améliorer la traçabilité des engagements hors bilan. Elle n’est toutefois pas sans risques. Pour certaines entreprises, notamment les PME, ce coût additionnel peut renchérir l’accès au crédit et freiner des investissements pourtant viables.
Le texte de loi précise que les modalités d’application de ces dispositions devront être définies par voie réglementaire. Rappelons qu’en 2025, ce mécanisme a permis à 3 entreprises locales (LP Industrie SA, Groupe Sohaing SAS et Camas SA) de bénéficier de 27 milliards FCFA d’emprunts auprès de la BDEAC, la banque régionale de développement.
Par ailleurs, le plafond de l’aval de l’État accordé aux établissements et entreprises publics pour les emprunts extérieurs est maintenu à 40 milliards FCFA en 2026.
Sercom
