images 11

Sénégal : Le projet de raffinerie de Dangoté en Gambie inquiète la société africaine de raffinage

La Société africaine de raffinage (SAR) intensifie ses efforts pour moderniser ses installations et accroître sa production afin de rivaliser avec les projets d’investissement de 2 milliards de dollars d’Aliko Dangote en Gambie, qui menacent son leadership sur le marché sénégalais.

L’expansion rapide des activités de raffinage du groupe Dangote en Afrique de l’Ouest pèse désormais sur la Société africaine de raffinage (SAR). Le milliardaire nigérian prévoit d’investir en Gambie et en Guinée, aux portes du Sénégal. Face à cette concurrence, la raffinerie de Mbao revoit ses missions et lance son projet d’extension.

Le géant nigérian ne cache plus ses ambitions dans la sous-région, et la SAR en mesure pleinement les conséquences. Ce jeudi, lors de la conférence de presse du ministère de l’Énergie et du Pétrole, le directeur général de la SAR, Abib Diop, a parlé ouvertement de la menace que représente l’offensive du groupe d’Aliko Dangote sur les marchés voisins.

Abib Diop a reconnu que la SAR est confrontée à une concurrence régionale de plus en plus forte. « Vous avez certainement vu les différentes actions offensives de Dangote qui va investir bientôt 2 milliards de dollars en Gambie », a-t-il déclaré. Le patron de la raffinerie sénégalaise a ajouté que le groupe nigérian prépare aussi des investissements en Guinée pour y construire des dépôts.

Selon lui, la stratégie du milliardaire est claire : il s’agit d’« inonder le marché sous-régional ». C’est précisément ce marché que la SAR veut conquérir de son côté. Les deux acteurs visent donc les mêmes pays et les mêmes clients. Dangote dispose d’une raffinerie géante au Nigeria et d’une capacité financière considérable, ce qui place la SAR face à un concurrent redoutable sur son propre terrain.

Pour r Abib Diop, le Sénégal n’a plus le temps d’attendre. La SAR doit moderniser ses installations et augmenter ses capacités de production pour rester compétitive. Le directeur général estime qu’il faut avancer « avec toute la célérité qu’il faut » et lever tous les obstacles qui freinent encore le développement de l’entreprise.

Ce changement de cap passe par redéfinition des missions de la société. Jusqu’ici la SAR se consacrait essentiellement à l’approvisionnement du marché national en produits pétroliers. Elle se fixe désormais un objectif plus large : valoriser les ressources pétrolières et gazières du pays pour fournir au Sénégal et à la sous-région des produits raffinés conformes aux normes ainsi que des produits pétrochimiques.

La concurrence de Dangote n’est pas le seul défi de la raffinerie. La transition écologique transforme aussi la demande. Le secteur des transports s’ouvre peu à peu aux véhicules électriques, ce qui menace à terme la consommation de carburants classiques.

La SAR doit également anticiper l’évolution de l’un de ses principaux clients. SENELEC, qui achète aujourd’hui le fioul de la raffinerie pour faire tourner ses centrales, prévoit de passer au gaz. Ce changement privera la SAR d’une partie importante de ses débouchés. « Cela veut dire que la SAR doit se réinventer », a résumé Abib Diop.

Sercom

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *