Côte d’Ivoire : Empress Royalty Corp annonce l’acquisition d’un flux aurifère sur la mine d’or de Tongon propriété de l’homme d’affaires Koné Dossongui
Jeudi 17 septembre, Empress Royalty Corp., société de streaming d’or cotée à la TSX Venture Exchange au Canada, a annoncé un accord pour acquérir les droits sur une partie des flux aurifères de la mine d’or Tongon, en Côte d’Ivoire. L’opération intervient neuf mois après le passage de l’actif sous le contrôle d’Atlantic Group, la holding de l’homme d’affaires ivoirien Koné Dossongui, qui l’a racheté en décembre 2025 pour 305 millions USD.
Lancée en 2010, Tongon était alors exploitée par le groupe canadien Barrick Mining, qui estime avoir produit plus de 3 millions d’onces d’or sur le site depuis sa mise en service. Alors que la mine produisait encore environ 125 600 onces d’or en 2025, sa vente à Atlantic Group est intervenue dans un contexte d’épuisement de ses réserves exploitables. Barrick qui prévoyait initialement de fermer la mine en 2020, avait finalement prolongé son exploitation, tout en tablant sur une mise en maintenance et entretien à partir de 2027.
Pour financer le rachat auprès de Barrick, Atlantic Group avait bénéficié d’un financement de 150 millions USD d’Appian Capital Advisory Limited, société de conseil en investissement, comprenant un prêt garanti et un accord de streaming d’or. C’est ce second volet que Empress Royalty Corp. prévoit désormais d’acquérir auprès d’Appian pour 62 millions USD. L’opération lui donnera droit à 3,58 % de la production d’or payable de Tongon, jusqu’à la livraison de 400 000 onces cumulées produites depuis le 31 janvier 2026. Ce taux passera ensuite à 2,93 % jusqu’à 600 000 onces cumulées, avant de tomber à 0,81 % pour le reste du contrat dont la durée est prévue sur 29 ans.
Le dispositif au cœur du nouvel accord est un mécanisme de financement par lequel un investisseur apporte des fonds à une mine ou à son propriétaire en échange du droit contractuel d’acquérir une partie de sa production future. Avec l’accord annoncé, Empress Royalty Corp. cherche ainsi à s’exposer à une partie des flux aurifères que Tongon pourrait générer à l’avenir. Si la société revient longuement sur l’historique de la mine et les infrastructures dont elle dispose, elle ne fournit en revanche aucun chiffre sur les niveaux de production enregistrés par Tongon en 2026.
Le communiqué fait toutefois état de plusieurs initiatives menées par Atlantic Group ces derniers mois, notamment sur le front de l’exploration. Un vaste programme a ainsi été conduit sur le site au cours des deux premiers trimestres de 2026, comprenant des forages à circulation inverse et au diamant, des forages à la tarière ainsi que des essais métallurgiques. Ces travaux auraient confirmé la continuité de la minéralisation sur plusieurs prospects, confortant les perspectives de définition de nouvelles ressources autour des zones minières existantes et le long de corridors abritant des gisements satellites. Une déclaration d’Abissa Kouakou Anzoua, PDG d’Atlantic Group, va dans le même sens et détaille un plan reposant sur l’exploration et le remplacement des réserves.
« Tongon est un actif stratégique pour le Groupe Atlantic, et cette transaction soutient la prochaine étape de notre plan pour la mine. Notre stratégie repose sur un investissement soutenu dans l’exploration et le remplacement des réserves, l’amélioration continue de l’exploitation et le développement de gisements satellites grâce à l’infrastructure existante de Tongon. Ensemble, ces initiatives visent à prolonger la durée de vie de la mine, à accroître la production et à renforcer la contribution à long terme de Tongon à la Côte d’Ivoire et aux communautés où nous sommes implantés », a-t-il déclaré
La réussite de ce pari sur la prolongation de Tongon sera déterminante pour Atlantic Group, notamment pour sa capacité à maintenir l’activité de la mine sur la durée. Aucun plan minier actualisé n’ayant encore été rendu public, les prochaines étapes de cette stratégie restent donc à suivre. Au-delà des enjeux industriels et contractuels, la poursuite de l’exploitation conditionne aussi le maintien de l’activité économique générée par le site pour les communautés environnantes et les travailleurs ivoiriens qui y sont employés. L’État ivoirien détient par ailleurs 10 % de Tongon, contre 90 % pour Atlantic Group.
Sercom
