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Ghana / Paysage entreprenarial : Une étude montre une avancée malgré quelques obstacles

Le paysage entrepreneurial ghanéen a enregistré une amélioration constante ; cependant, les chefs d’entreprise locaux sont toujours confrontés à un certain nombre d’obstacles.

Cette amélioration a été annoncée dans le rapport 2026 de l’Indice régional de liberté entrepreneuriale (indice REF), récemment publié par le Centre africain pour l’entrepreneuriat et l’autonomisation des jeunes (ACEYE) en partenariat avec le réseau Atlas.

L’étude révèle que, malgré une amélioration des conditions entrepreneuriales au niveau national, des obstacles systémiques profondément ancrés continuent de freiner la croissance du secteur privé dans toutes les régions du pays.

D’après un rapport cité par le High Street Journal, au niveau macroéconomique, l’indice de liberté entrepreneuriale a indéniablement progressé. Au cours des cinq dernières années, le score national moyen de l’entrepreneuriat au Ghana a connu une hausse continue, passant de 4,11 en 2021 à 4,93 en 2024, pour atteindre 5,41 en 2026.

La répartition géographique de cette liberté économique est encore plus encourageante. Le nombre de régions classées comme réprimées a considérablement diminué. En 2021, 12 des 16 régions du Ghana figuraient dans la catégorie « Réprimée », avec un score inférieur à 4,99. En 2024, ce nombre est tombé à 9, et aujourd’hui, seules 3 régions demeurent réprimées : Ashanti, le Haut-Est et le Nord.

Le nombre de régions « modérément exemptes » est également en hausse. Ces régions, qui obtiennent un score entre 6,00 et 6,99, sont passées d’une seule en 2021 à quatre en 2026. Il s’agit des régions de l’Est, de la Volta, du Grand Accra et du Nord-Est

Malgré ces progrès durement acquis, aucune région du Ghana n’a encore franchi le seuil de la catégorie « entièrement libre », qui correspond à un score de 8,00 ou plus, ce qui souligne que les entreprises locales opèrent toujours sous un plafond restrictif

Bien qu’il soit tentant de se réjouir de la hausse de la moyenne nationale, les données révèlent un paradoxe profond. Derrière cette progression apparente se cache un socle de faiblesses stable et immuable qui affecte tous les entrepreneurs du pays, qu’ils exercent leurs activités dans la région Est, en tête du classement (6,82), ou dans la région Nord, dernière du classement (2,79

D’après le rapport, trois indicateurs spécifiques se classent systématiquement tout en bas des graphiques dans les 16 régions.

Liberté commerciale : Mesurée par la facilité avec laquelle les chefs d’entreprise locaux peuvent importer et exporter des produits et services essentiels.

Liberté fiscale : L’existence de régimes fiscaux contraignants et de politiques de dépenses publiques restrictives.

Réglementation : La bureaucratie administrative, à la fois complexe et déroutante, nécessaire pour enregistrer, ouvrir et exploiter légalement une entreprise.

Le rapport souligne un contraste saisissant en matière de développement régional. Si les points forts des différentes régions fluctuent considérablement d’une année à l’autre et ne convergent pas vers un plan d’action commun, leurs faiblesses, quant à elles, demeurent très stables et uniformes à travers le Ghana. Cela signifie que les principaux obstacles à la survie des entreprises ne sont pas des échecs régionaux isolés, mais plutôt un ensemble de blocages nationaux que seule une réforme du gouvernement central peut lever.

Pour saisir la réalité brute du monde des affaires au Ghana, l’équipe de recherche d’ACEYE a contourné les ensembles de données publiques peu fiables ou incomplets au profit d’une approche robuste, de première main et mixte intégrant des enquêtes, des entretiens approfondis et l’ethnographie.

L’étude a interrogé directement 3 200 entrepreneurs actifs, en sélectionnant avec soin 200 participants dans chacune des 16 régions afin de garantir un échantillon national représentatif et équilibré. Pour assurer l’authenticité des résultats, l’identité de tous les chefs d’entreprise a été strictement anonymisée.

Point essentiel, la collecte de données a été réalisée sur le terrain par des enquêteurs locaux formés et résidant dans leurs régions cibles respectives, ce qui leur a permis de gérer et de résoudre en temps réel les difficultés rencontrées. Par ailleurs, suite aux retours d’information des parties prenantes nationales après la deuxième édition, l’indice 2026 a enrichi ses questionnaires de questions ouvertes portant sur les dynamiques de genre et culturelles.

Pour combler le fossé entre les progrès régionaux et la stagnation nationale, le rapport de l’indice REF 2026 formule plusieurs recommandations directes au Parlement et au gouvernement central du Ghana.

ACEYE propose, entre autres recommandations visant à soutenir les entrepreneurs indépendants, l’adoption d’une règle du « silence vaut consentement » et la décentralisation des normes.

« L’économie ghanéenne évolue d’une économie agricole vers une économie de services », souligne le rapport. Si le pays souhaite voir émerger prochainement sa première région entrepreneuriale véritablement « libre », les décideurs politiques doivent cesser de privilégier les interventions locales et s’atteler à la réduction des lourdeurs administratives qui entravent tout entrepreneur.

Sercom

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