FILF 2026

Côte d’Ivoire : Le FILF 2026 veut donner aux femmes entrepreneures des leviers solides pour leur développement

En Côte d’Ivoire, les femmes occupent une place croissante dans le tissu entrepreneurial, sans toujours disposer des mêmes leviers pour développer leurs entreprises. Financement, accès aux marchés, équipements ou encore structuration demeurent autant de défis pour de nombreuses dirigeantes. La 7e édition du Forum international du leadership féminin (FILF), prévue les 10 et 11 décembre 2026 à Abidjan, entend placer ces enjeux au centre des échanges.

Selon une étude publiée en 2025 par l’Alliance for Financial Inclusion, plus d’un tiers des PME ivoiriennes sont dirigées par des femmes, principalement dans le commerce, les services et l’agro-industrie. Leur présence demeure toutefois plus limitée dans la propriété des entreprises formelles : d’après les données de la Banque mondiale, 22,5 % des entreprises en Côte d’Ivoire comptaient au moins une femme parmi leurs propriétaires en 2023

Ces données traduisent une réalité plus large : si les femmes sont nombreuses à entreprendre, le développement et le passage à l’échelle de leurs activités restent conditionnés par l’accès au capital, aux équipements, aux réseaux commerciaux et à de nouveaux débouchés.

C’est dans ce contexte que la Fondation SEPHIS organisera les 10 et 11 décembre prochains à Abidjan la 7e édition du Forum international du leadership féminin, autour du thème « Bâtisseuses d’économies ». Le rendez-vous réunira entrepreneures, investisseurs, institutions financières, acteurs publics, entreprises et partenaires au développement, avec l’ambition de renforcer la contribution des entreprises dirigées par des femmes à la création de valeur et d’emplois sur le continent.

Cette nouvelle édition entend mettre l’accent sur les différents leviers nécessaires au développement des entreprises féminines : accès au financement, ouverture de nouveaux marchés, transformation locale, innovation, intelligence artificielle, environnement et compétitivité. L’enjeu est notamment de faciliter la mise en relation entre les entrepreneures et les acteurs susceptibles de soutenir leur croissance, qu’il s’agisse de banques, de fonds d’investissement, d’institutions publiques, de grandes entreprises ou de partenaires techniques et financiers.

La mobilisation du secteur financier autour de l’entrepreneuriat féminin s’est d’ailleurs renforcée ces dernières années. En Côte d’Ivoire, la première obligation genre de l’UEMOA, émise par Ecobank Côte d’Ivoire en 2025 avec notamment l’appui de l’IFC, doit permettre de soutenir près de 1 200 PME détenues ou dirigées par des femmes.

Pour la Fondation SEPHIS, cette problématique est au cœur des actions menées depuis plusieurs années. Selon les données communiquées par l’organisation, plus de 5 000 PME dirigées par des femmes ont déjà bénéficié de ses programmes d’accompagnement dans plusieurs pays de la sous-région. La Fondation indique également avoir contribué à mobiliser près de 3 milliards FCFA de financements en faveur d’entrepreneures, à travers des partenariats avec des banques et des institutions de microfinance. Près de 60 millions FCFA d’équipements auraient par ailleurs, été distribués dans le cadre des précédentes éditions et initiatives associées au FILF.

L’édition 2026 accordera également une place importante aux femmes évoluant dans les activités de production et de transformation. La Fondation SEPHIS prévoit d’accompagner 1 000 femmes opérant dans ce secteur, avec l’objectif annoncé de contribuer à la création de 12 000 emplois en Côte d’Ivoire et au Sénégal. Cette orientation rejoint les priorités économiques de plusieurs pays de la région, qui cherchent à renforcer la transformation locale des matières premières, à consolider les chaînes de valeur et à accroître la contribution des PME à l’économie.

Pour les entrepreneures concernées, l’accès à de meilleurs équipements, à des capacités de production plus importantes ou à des débouchés régionaux peut constituer une étape déterminante dans la structuration de leur activité. Le FILF souhaite ainsi positionner la question du leadership féminin au-delà de la seule représentation, en l’inscrivant davantage dans les enjeux de production, d’investissement et de création d’emplois

Cette 7e édition doit également marquer une nouvelle étape dans le développement du forum, avec une volonté affichée de renforcer sa dimension régionale. Pour Sefora Kodjo, présidente du conseil d’administration de la Fondation SEPHIS et commissaire générale du FILF, l’objectif est clair : « Nous voulons un forum d’une autre dimension : une dimension régionale et panafricaine. »

Cette ambition doit notamment permettre de connecter davantage les entrepreneures à des investisseurs, des institutions financières et des partenaires issus de différents marchés africains. Elle s’inscrit également dans un contexte marqué par le développement des échanges intra-africains et par la recherche de nouveaux débouchés pour les PME du continent.

Les 10 et 11 décembre à Abidjan, le FILF entend ainsi créer un espace de dialogue autour d’une question devenue centrale : celle des conditions nécessaires pour permettre aux entreprises dirigées par des femmes de se structurer, de croître et de participer plus pleinement à la transformation des économies africaines.

Sercom

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