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Tchad /Développement du petit commerce : source d’entrepreneuriat pour de nombreuses femmes

Dans les marchés, les quartiers et le long des rues, des milliers de femmes exercent des activités génératrices de revenus pour assurer la subsistance de leurs familles. Malgré leur contribution à l’économie locale, elles restent confrontées à de nombreux obstacles qui freinent le développement de leurs activités.

Pour de nombreux ménages tchadiens, les revenus tirés des activités informelles constituent une source essentielle de subsistance. Vente de légumes, de céréales, de vêtements, de produits artisanaux, restauration de fortune ou fabrication de gâteaux, les femmes sont présentes dans presque tous les segments du secteur, où elles assurent quotidiennement l’approvisionnement des consommateurs tout en soutenant leurs familles.

Artisane au marché central de N’Djaména depuis une dizaine d’années, Dabaye I. raconte que son activité est née davantage de la nécessité que d’un véritable choix. Les revenus, explique-t-elle, restent modestes mais lui permettent de faire face à certaines dépenses du foyer. Son ambition est désormais d’obtenir un financement pour développer son commerce et accéder à une activité plus rentable. Même détermination chez Oum-Ali, vendeuse de beignets. Chaque matin, elle se lève avant l’aube pour préparer les beignets qu’elle livre ensuite à plusieurs restaurants avant d’en vendre dans son quartier. « Grâce à ce commerce, j’arrive à subvenir aux besoins de ma famille », témoigne cette mère de famille. Malgré la pénibilité du travail et des bénéfices limités, cette activité lui permet de participer aux dépenses du ménage aux côtés de son mari.

Ces parcours ne sont pas sans difficultés. Le manque de financement demeure le principal frein à l’évolution de ces petits commerces. Les conditions exigées par les établissements bancaires, notamment les garanties financières, les procédures administratives et l’absence de documents comptables, limitent fortement l’accès au crédit. À cela s’ajoutent le déficit d’équipements, l’insuffisance d’espaces de vente adaptés et le manque de formations en gestion.

Pour Madjilem Alphonsine, coordinatrice de l’Association des Femmes pour le Dynamisme Citoyen au Tchad (ASFEDYC), ces contraintes empêchent de nombreuses entrepreneures de développer pleinement leur potentiel. « Faciliter leur accès au crédit, aux formations et aux infrastructures adaptées permettrait à ces entrepreneures de passer progressivement d’activités de subsistance à des entreprises plus structurées et durables », estime-t-elle.

Au-delà des revenus qu’elles génèrent pour leurs foyers, ces femmes jouent un rôle essentiel dans l’économie nationale. Elles assurent la circulation des produits, dynamisent les marchés locaux et créent parfois des emplois pour d’autres personnes. Renforcer leur accès au financement, à la formation et à un meilleur accompagnement contribuerait ainsi non seulement à leur autonomisation, mais également au développement économique et social du Tchad.

Aldjata Mamissidi

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