Burkina Faso : 1er Recensement général des entreprises (RGE) : Sur 389172 activités enregistrées seulement 3,5% sont formelles
Selon les résultats du Recensement général des entreprises (RGE) 2024, dévoilés le mercredi 6 mai 2026, à Ouagadougou, le secteur informel demeure le principal pourvoyeur de l’économie burkinabé.
Présidée par le secrétaire général du ministère de l’Économie et des finances, Vieux Rachid Soulama, la cérémonie officielle de présentation des résultats de ce recensement s’est déroulée en présence du directeur général de l’Institut national de la statistique et de la démographie (INSD), Toubou Ripama, ainsi que de Fousseni Koné, représentant le directeur général de la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina (CCIBF).
Réalisé en 2024 par l’INSD avec l’appui technique d’AFRISTAT, le soutien financier de l’État burkinabè et de la Banque mondiale, le RGE vise à combler un besoin crucial. Celui de disposer de données fiables sur l’ensemble des unités économiques du pays, qu’elles soient formelles ou informelles.
Le recensement a permis d’identifier 389 172 unités économiques à travers le territoire national, révélant ainsi l’ampleur et la vitalité du tissu entrepreneurial burkinabè.
L’analyse spatiale met en évidence une concentration marquée des activités économiques dans quelques régions clés. La région du Kadiogo, qui abrite la capitale Ouagadougou, domine largement avec 46,8% des unités économiques recensées.
Elle est suivie du Guiriko (18%), du Nando (6,4%) et du Nakambé (4,8%). À elles seules, ces quatre régions regroupent 76% des unités économiques du pays. Sans surprise, les grandes villes restent les principaux moteurs de l’entrepreneuriat, à savoir Ouagadougou avec 41,3% des unités, tandis que Bobo-Dioulasso en accueille 14,4%
À peine 3,5% des unités économiques sont formelles, contre 96,5% évoluant dans l’informel. Cette réalité se traduit également par une faible structuration. Il ressort ainsi des résultats que 92% des unités ne sont pas affiliées à la Caisse nationale de sécurité sociale ; 96,5% ne tiennent pas de comptabilité formelle.
Ces chiffres illustrent les défis majeurs auxquels fait face l’économie burkinabè en matière de formalisation, de fiscalité et de protection sociale.
À cette occasion, le secrétaire général du ministère de l’Économie et des finances, Vieux Rachid Soulama, a présenté la publication de ses résultats du Recensement général des entreprises comme une étape majeure pour le système statistique national et pour l’action publique au Burkina Faso.
« Ces données vont bien au-delà de simples chiffres. Elles traduisent les réalités économiques du pays, mettent en lumière les dynamiques du secteur privé et offrent une vision plus précise des acteurs qui produisent, investissent et créent de la valeur, aussi bien dans le secteur formel que dans l’informel »., a-t-il affirmé.
Saîd Lobé
