Gabon/ entreprenariat : Le chef de l’état mobilise la jeunesse autour du fonds public de 25 milliards pour le financement de leurs projets
Le manque d’engouement des jeunes gabonais vers le fonds public de 25 milliards de FCFA (environ 38 millions d’euros) spécialement créé pour financer leurs projets entrepreneuriaux inquiète le président gabonais Brice Oligui Nguema. Face à cette situation, il a encouragé les jeunes à s’intéresser à ce fonds qui pourrait faire leur bonheur. Ainsi, lors de son discours à la nation pendant la célébration la fête nationale du pays, le 16 août dernier, il a appelé la jeunesse à « sortir de la passivité » pour saisir ces opportunités économiques.
« Au regard du faible engouement constaté, j’invite à nouveau la jeunesse à sortir de la passivité pour saisir les opportunités qu’offrent les différents secteurs qui attendent d’être mis en valeur », a souhaité le président Nguema.
Ce fonds de 25 milliards FCFA, hébergé à la Banque pour le commerce et l’entrepreneuriat du Gabon, propose des prêts à un taux d’intérêt préférentiel de 5%, bien en deçà des conditions du marché. Officiellement actif depuis plusieurs mois, ce dispositif vise explicitement à « encourager l’auto-employabilité des jeunes afin de les sortir du chômage ».
Cette invitation pressante s’inscrit dans une stratégie économique plus large, matérialisée par des décisions protectionnistes significatives actées lors du Conseil des ministres du 12 août 2025. Le gouvernement a en effet décidé de réserver aux gabonais l’exercice de nombreux métiers, y compris dans des secteurs émergents comme le commerce numérique et l’entrepreneuriat moderne.
La mesure la plus radicale concerne l’interdiction pure et simple pour les opérateurs étrangers d’exercer toute une série d’activités de petite envergure, identifiées comme relevant majoritairement du secteur informel. La liste, détaillée dans le compte-rendu du Conseil, mentionne le commerce de proximité, l’envoi d’argent non agréé, la réparation de téléphones et petits appareils, la coiffure et soins esthétiques de rue, l’orpaillage artisanal non autorisé, l’intermédiation informelle dans l’achat de récoltes, et enfin, l’exploitation de petits ateliers ou machines de jeux sans enregistrement.
Le gouvernement justifie cette fermeté par le constat que ce secteur, bien que dynamique, « échappe souvent au cadre légal et pénalise les entrepreneurs nationaux, en particulier les jeunes et les femmes.
Cette interdiction, qui sera mise en œuvre progressivement avec une période transitoire et l’appui des collectivités locales, a pour objectif affiché d’organiser et rééquilibrer le commerce informel.
Le communiqué du 12 août promet parallèlement d' »accompagner les opérateurs nationaux vers la formalisation grâce à des procédures simplifiées, un appui technique et fiscal, et des dispositifs de financement adaptés ».
Pour la bonne marche de ces réformes, le chef de l’Etat a annoncé la création d’un « transitaire national » pour assainir un secteur jugé opaque et un vaste programme de digitalisation pour 2026, comprenant la distribution de 10 000 ordinateurs aux jeunes entrepreneurs. L’ensemble de ces réformes, selon les autorités, vise à offrir à la jeunesse, les moyens de leur autonomie économique ».
Solange Djébami
